Une émouvante cérémonie
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Émouvante cérémonie hier matin, place Monticelli à Marseille, où une plaque fut apposée devant la maison où Lucien et Marguerite Vidal-Naquet furent arrêtés par la Gestapo le 15 mai 44 et expédiés à Auschwitz (mon billet du 19 janvier). La famille, la Maire d’arrondissement, le Président de la Licra, la Présidente de l’association des Juifs comtadins ont témoigné.
La veille, Marc Bloch avait été accueilli au Panthéon avec sa femme, eux aussi, victimes de la Gestapo. Ce qui me frappe dans les deux cas, c’est le patriotisme en même temps que l’universalisme de ces familles indéfectiblement reconnaissantes à la France de la Révolution de les avoir émancipées en 1791.
Lucien se disait français avant que juif. Sa famille s’était engagée dans l’affaire Dreyfus. « Je suis assez bon historien, disait Bloch pour n’ignorer point que les dispositions raciales sont un mythe et que la notion même de race pure une absurdité particulièrement flagrante. Je ne revendiquerai jamais mon origine juive que dans un cas : en face d’un antisémite. » Engagé volontaire en 14, Bloch fut héros de la Résistance : « Je suis né en France, j’ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé à mon tour de la défendre de mon mieux. » À la France de répondre à la hauteur d’une telle déclaration…
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