Une éloquence digne de de Gaulle et de Malraux
- Admin
- 6 mars
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Dernière mise à jour : 12 mars

Vous avez entendu le discours de Claude Malhuret hier au sénat ? Je vous en remets les meilleurs passages. Mais je vous conseille de l'écouter en ligne, c'est encore mieux : https://www.youtube.com/watch?v=G-lh0TUTtvI
Washington est devenue la cour de Néron, un empereur incendiaire, des courtisans soumis et un bouffon sous kétamine chargé de l'épuration de la fonction publique.
C'est un drame pour le monde libre, mais c'est d'abord un drame pour les États-Unis. Le message de Trump est que rien ne sert d'être son allié puisqu'il ne vous défendra pas, qu'il vous imposera plus de droits de douane qu'à ses ennemis et vous menacera de s'emparer de vos territoires tout en soutenant les dictatures qui vous envahissent.
Jamais dans l'histoire un président des États-Unis n'a capitulé devant l'ennemi. Jamais aucun n'a soutenu un agresseur contre un allié. Jamais aucun n'a piétiné la Constitution américaine, pris autant de décrets illégaux, révoqué les juges qui pourraient l'en empêcher, limogé d'un coup l'état-major militaire, affaibli tous les contre-pouvoirs et pris le contrôle des réseaux sociaux.
Ce n'est pas une dérive illibérale, c'est un début de confiscation de la démocratie. Rappelons-nous qu'il n'a fallu qu'un mois, trois semaines et deux jours pour mettre à bas la République de Weimar et sa Constitution.
Nous étions en guerre contre un dictateur, nous nous battons désormais contre un dictateur soutenu par un traître.
Il y a huit jours, au moment même où Trump passait la main dans le dos de Macron à la Maison-Blanche, les États-Unis votaient à l'ONU avec la Russie et la Corée du Nord contre les Européens réclamant le départ des troupes russes.
Deux jours plus tard, dans le bureau ovale, le planqué du service militaire donnait des leçons de morale et de stratégie au héros de guerre Zelensky avant de le congédier comme un palefrenier en lui ordonnant de se soumettre ou de se démettre.
Cette nuit, il a franchi un pas de plus dans l'infamie en stoppant la livraison d'armes pourtant promise. Que faire devant cette trahison ? La réponse est simple : faire face.
Et d'abord ne pas se tromper. La défaite de l'Ukraine serait la défaite de l'Europe. Les Pays-Baltes, la Géorgie, la Moldavie sont déjà sur la liste. Le but de Poutine est le retour à Yalta où fut cédée la moitié du continent à Staline.
Ce que veut Poutine, c'est la fin de l'ordre mis en place par les États-Unis et leurs alliés il y a 80 ans, avec comme premier principe l'interdiction d'acquérir des territoires par la force.
Cette idée est à la source même de l'ONU, où aujourd'hui les Américains votent en faveur de l'agresseur et contre l'agressé, parce que la vision trumpienne coïncide avec celle de Poutine : un retour aux sphères d'influence, les grandes puissances dictant le sort des petits pays. À moi le Groenland, le Panama et le Canada, à toi l'Ukraine, les Pays-Baltes et l'Europe de l'Est, à lui Taïwan et la mer de Chine.
Nous sommes donc seuls. Le choc est violent, mais il a une vertu. Les Européens sortent du déni. Ils ont compris en un jour à Munich que la survie de l'Ukraine et l'avenir de l'Europe sont entre leurs mains et qu'ils ont trois impératifs.
Mais le vrai réarmement de l'Europe, c'est son réarmement moral.
Nous devons convaincre l'opinion face à la lassitude et à la peur de la guerre, et surtout face aux comparses de Poutine, l'extrême droite et l'extrême gauche. Ils ont encore plaidé hier à l'Assemblée nationale, Monsieur le Premier ministre, devant vous, contre l'unité européenne, contre la défense européenne.
Ils disent vouloir la paix. Ce que ni eux ni Trump ne disent, c'est que leur paix, c'est la capitulation, la paix de la défaite, le remplacement de de Gaulle Zelensky par un Pétain ukrainien à la botte de Poutine.
Nos parents ont vaincu le fascisme et le communisme au prix de tous les sacrifices.
La tâche de notre génération est de vaincre les totalitarismes du XXIe siècle.
Vive l'Ukraine libre, vive l'Europe démocratique !
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