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Une petite âme falote

  • il y a 12 minutes
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J’ai lu le livre d’un prêtre courageux sur la sexualité. Je réunis trois de ses pensées :

1)  « Que faire si, au bout de quelques années de vie commune, après l’effervescence de l’amour, un peu de rose aux joues ayant donné du relief à une pauvre petite âme falote, on éprouve de la déception ? Est-ce la mort de l’amour ? Ce devrait être au contraire le moment de son triomphe qui consiste à relever cette âme falote et à sauver la sienne par elle. La maladie aussi est épreuve de l’amour. On sauve son âme en la perdant au profit de l’autre. » 

2) Balu, je l’appellerai comme ça, s’indigne que tant de femmes, sources de tendresse et de dévouement, prennent solitairement de l’âge, tandis que bien des hommes se contentent égoïstement de liaisons passagères, de maisons closes ou de masturbation…

3) Balu affirme que la chasteté des prêtres n’a d’autre raison que de partager le sort de l’humanité souffrante.

Il ne le dit pas, mais la synthèse est vite faite : que les religieux se consacrent à relever les petites âmes falotes et les filles délaissées au lieu de s’adonner à la pédophilie !


Moi, chaque fois que je croise une femme solitaire qui ne me plaît pas, je me sens un peu coupable de ne pas l’approcher. Une fois, au Mans, à la fin d’un colloque sur Houellebecq, je suis descendu dans le même hôtel qu’une Autrichienne. Le dernier soir, j’ai bien vu qu’elle ne savait pas trop que faire. Je me suis esquivé parce qu’elle avait trop de fond de teint et que sa conférence trop longue m’avait ennuyé. La pauvre ! Dire qu’elle avait fait le voyage depuis Vienne pour passer une dernière soirée solitaire. Je porte encore le remords de ne pas l’avoir invitée au moins au restaurant… Il y a un mot pour cela : muflerie.

Mais aurais-je été capable de relever une petite âme falote ou même une fille d’une laideur supportable, comme dit Balzac ?

Sous le voile, toutes les filles sont belles. Ce sont peut-être les musulmans qui ont raison. Et quand les mariages étaient arrangés, les garçons n’avaient pas l'inquiétude du choix. Il n’y a rien de pire que les concours de beauté, la guerre de Troie n’a pas d’autre cause, et le monde moderne est un concours de beauté permanent…


Photo : Clair de lune à Vaugines.

 

 
 
 

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