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Une autre histoire d'amour, Vaugines

  • il y a 11 minutes
  • 2 min de lecture


Ce billet, cher lecteur, pour vous avertir que j'ai publié au printemps chez Amazon (je sais que vous ne l’aimez pas) une petite plaquette qui porte ce titre, faisant suite à Une histoire d’amour, Michèle. Je peux dire que je connais bien ce village puisque je fais l’amour avec lui depuis plus de 50 ans (au sens du XVII° siècle, cela va sans dire).

Je me suis aperçu, au fur et à mesure que je confiais mes souvenirs à l’écriture, que c’était un récit initiatique que je délivrais. L’adolescent que j’étais n’avait pas conscience que sa sensibilité aux paysages du Luberon était conditionnée par la chance de vivre parmi des roches sédimentaires constituées par les restes de milliards de tonnes de monstres marins du crétacé supérieur.

Je jouais au ballon-prisonnier devant l’église avec des jeunes filles en fleurs et nous allions sous l’oratoire extraire de la roche des fossiles de coquillages. Quel rapport, me direz-vous entre les jeunes filles, l’église et ces coquillages de 40 millions d’années ? Mais beaucoup de rapport, si on se dit que c’est la même pulsion de vie qui avait animé nos lointains ancêtres, les huitres, et le jeune homme post-pubère que j’étais alors ! Sandro Botticelli n’a-t-il pas représenté sa Vénus anadyomène flottant sur un coquillage ?

Il est vrai que mes souvenirs étaient antérieurs à Mai 68, donc au Concile de Vatican II. L’Église catholique n’avait pas formellement renoncé à la création en 6 jours et n’accompagnait pas de bienveillance les émois des jeunes gens. En plus, notre village avait beaucoup persécuté de Vaudois et de Protestants à l’époque. Il avait même pris Saint Barthélémy pour saint patron : une vraie carte de visite !

Cette théologie n’a pourtant pas fait obstacle à l’union de la géologie et de la sexologie car je raconte qu'il soufflait justement, dans ma famille et dans le milieu que je fréquentais, un souffle hérétique quand j’avais 15 ans. Je veux dire hérétique par rapport à Rome aussi bien que par rapport à Moscou. J’ai même joué au ping-pong avec le cardinal Daniélou en route pour le Concile.

C'est bien une histoire d'amour que vous lirez, une célébration de la Vie.

 
 
 

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