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Si les maisons pouvaient parler...

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 19 janv.
  • 2 min de lecture


Quand je prenais mon café le matin avec Michèle, elle ne cessait de s’émerveiller du rayon qui traversait notre cuisine de part en part alors qu’elle ouvrait à l’ouest, et me montrait que le soleil rebondissait sur les vitres de l'admirable villa qui nous fait face, La Cypria. On voyait évoluer les mouettes sur son faîte comme les colombes de Paul Valéry. J’en connais maintenant l’histoire…

Isaac Valabrègue la fit construire après la Première guerre et sa fille Marguerite l’habitait sous la Seconde, mariée à Lucien Vidal-Naquet. Des juifs du pape, comme leur nom ne l’indique pas, en tout cas pas aux Allemands de la Gestapo. Lucien et Marguerite eurent 5 enfants. Survient la guerre. Lucien fut mobilisé, démobilisé, fit de la résistance, fut radié du barreau.

En février 43, la maison fut réquisitionnée par les Allemands et la famille Vidal-Naquet refoulée au deuxième étage. Orgies et vacarme. Lucien décide de ne pas bouger, dans l'idée, malgré les avertissements, que la meilleure planque était la barbe de l’ogre.

Le 15 mai 44, une Citroën noire se gare devant la villa. Lucien et Margot ont un quart d’heure pour préparer leur valise. Obéissant à sa mère, leur fils François, 12 ans, réussit à passer sous le bras d’un gestapiste, à s’enfuir par la porte du jardin, à foncer vers le lycée Maréchal-Pétain, ex-Périer, et à bloquer sa sœur et son frère, le futur historien, avant qu’ils ne tombent dans la nasse. Leurs parents ont pris la direction d’Auschwitz.

La Cypria a parlé... À travers le livre de Nicolas, fils de François et de Claude, mon amie, Un Secret d’Auschwitz (Z4 Éditions).

Reste à incruster, sur le trottoir au niveau du n° 9 rue Mistral, comme dans certaines villes d’Allemagne, une plaque de laiton portant témoignage de l’événement.

 
 
 

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