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Retour sur le duel Cohen/Yourcenar

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 3 avr.
  • 2 min de lecture

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Quand Albert Cohen a traité Marguerite Yourcenar de grosse vache, j’ai appris qu’il y avait anguille sous roche. Mon ami Jacques Gaillard, le célèbre historien de la Rome antique, m’a expliqué qu’auparavant, Marguerite s’était indignée qu’Albert ait candidaté pour le prix Nobel et, en plus, elle n’avait rien trouvé de mieux à dire sur Radio-Canada que "les Grecs et les Juifs sont éternellement incompatibles", ce qui n'était pas très adroitement dit, note Jacques.

Querelle assez sotte entre une lesbienne et un pas lesbien, entre un juif mais pas que et une philhellène mais pas que. Le fond de la question, je l’ignore mais je trouve que c’est un beau sujet car si j’avais à décerner deux palmes à deux œuvres sous les 30 Glorieuses, je choisirais Les Mémoires d’Hadrien et Belle du Seigneur. Nous avons vraiment affaire à un duel au sommet.

Mais que signifie au juste Belle du Seigneur ? Cela me renvoie à mon ami Gaillard : c’est avec lui que je m’suis engueulé (désolé, c'est le mot qui convient) sur Solal (mon dernier billet). Lui, ce qui l’intéresse avant tout dans BdS, ; c’est la dimension burlesque. Je ne la nie pas du tout mais je soutiens que la morale du livre, c’est le procès de ce que Solal-Cohen nomme joliment babouinerie, (que ce soit entre mâles ou de femelle à mâle) et que ce livre est dans le fond un éloge de l’amour judéo-chrétien et de l’amour conjugal. Deux citations de Solal à Ariane :

 

Je n’ai pas l’impression qu’une seule femme ait été amoureuse du grand Christ. Pas assez virile, miaulaient les demoiselles de Galilée, bouches béantes et yeux démesurés devant les centurions romains aux énormes mentons.

 

Il n’y a rien de plus grand que le saint mariage, alliance de deux humains unis non par la passion qui est rut et manège de bêtes toujours éphémères, mais par la tendresse, reflet de Dieu. Oui, alliance de deux malheureux promis à la maladie et à la mort qui veulent la douceur de vieillir ensemble et deviennent le seul parent l’un de l’autre. Ta femme, tu appelleras frère et sœur, dit le Talmud. (Il s’aperçut qu’il venait d’inventer cette citation et enchaîna en douce) En vérité, en vérité, je vous le dis, l’épouse qui presse le furoncle du mari pour en faire tendrement sortir le pus, c’est autrement plus grave que les coups de reins de la Karénine. Louange au Talmud et honte aux adultères qui foncent vers la mer, le feu sous les jupes ! 

 

Jacques m’a rétorqué que ces paroles étaient ironiques et ne voulaient rien dire. Et il m’a sommé de trouver 10 témoins pour nous départager.

Voulez-vous être mon/ma témoin (féminin ?), mon/ma cher/chère lecteur/trice ?

J’aurais bien pris Marguerite comme témoin si elle n’était morte en 1987. Tout ce que je sais, c’est qu’elle aurait corrigé Solal et attribué la citation à Homère, Iliade, Chant VI, vers 429-430.

 
 
 

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