Pourquoi je suis bergsonien
- Admin
- 29 nov. 2025
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Longtemps, je ne voyais pas bien l’intérêt de la fameuse distinction entre le temps des horloges et la durée. Je m’aperçois progressivement que Bergson est le penseur qui me convient. Je vais expliquer pourquoi.
La succession des choses humaines ne se produit pas sur un modèle mécanique comme les rails de chemin de fer qu'on raboute, séparées par un joint de dilatation, avec das angles et des pointes, mais sur un modèle organique et végétal. L’histoire ne peut donc pas être comprise selon un modèle rationnel qui pose des lois, des limites et des bonds, des thèses, des antithèses et des synthèses. Non, c’est une poussée qui a son rythme propre, qu’on peut sans doute aider puisque nous en faisons partie, mais elle a son tempo propre. On ne fait pas pousser une tige de blé en tirant dessus. Le nouveau se nourrit du passé non en l’arrachant mais en le métabolisant. Pas besoin de guillotines pour avancer. Au contraire, ça risque de braquer et de bloquer. Cela a à voir avec la métempsycose. Le présent n'est que du passé transformé comme l’avenir sera du présent qui a mûri. Pas de tables rases ni de bonds de tigre avant l’heure. Les radicalités idéologiques sont a priori suspectes dans ces conditions.
Cela signifie que les générations sont solidaires malgré les ruptures apparentes. Faire avancer l’histoire à marche forcée, c’est du viol et ça prépare de terribles retour de manivelle. Le volontarisme est aussi fautif que le fixisme. Il n’existe pas de révolutions, rien que des évolutions. Le passé est enchâssé dans l’avenir.
Photo : le couchant à Marseille depuis le Sunset.
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