Notre Luberon
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Nous, dans la famille, on n’admirait que Giono et je persiste à penser qu'il dépasse son siècle de la tête et des épaules, et que nul ne l’égale depuis Proust. Je dois pourtant reconnaître, à en juger à partir du Luberon, que Pagnol, malgré son nom un peu ridicule, et Bosco sont bons aussi. Pagnol n’a pas plus évoqué le Luberon que Giono mais Manon des sources et Jean de Florette, films que j’aime, ont été tournés à Vaugines.
De Bosco, je ferai deux citations. La première est sur les noms de nos villages :
Lourmarin, Mérindol, Lauris et Villelaure
Aussi doux que les noms de l’Argolide
Ou le colchique d’Épidaure.
La seconde est sur la montagne elle-même. C’est à lire mot à mot :
Parfois, tes masses me paraissent modelées sur les formes d’un corps allongé au-delà de la Durance, parfois, tu prends le pli d’une pensée humaine. Tu n’étais plus une montagne mais une puissante arrière-pensée qui barrait l’horizon.
Tes mamelons où se sont dégagés de la matière après des siècles de patience et d’usure les courbes millénaires de l’usure, obéissent aux lignes d’apaisement. Tu ne délivres pas, tu enveloppes. Quand je vois descendre en août et remonter les astres tout le long de tes crêtes électriques, tu es la mère et la tombe des étoiles. Sous les toits odorants des plateaux, croulent, par quelles fentes ? les pluies et les neiges de l’hiver.
Le Luberon s’impose. Ses formes d’un dessin si juste, ses masses, d’un poids si solide, semblent d’accord avec quelque dessein de la Sagesse.
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