Male gaze ou Matrixial gaze
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Selsabil m’a mis sur la piste en me parlant de Laura Mulvey (mon billet du 11 mai). En lisant la page Wikipédia consacrée à cette auteure, j’ai noté le nom d’une israëlienne, Bracha Ettinger, militante de la paix, qui a forgé symétriquement le concept de Matrixial gaze. Je l’ai googlisée à son tour et j’ai interrogé le Grand Chat.
Bracha tord le bras de la psychanalyse freudo-lacanienne centrée sur le pénis et la soi-disant obsession d’en avoir ou pas en montrant que l’organe essentiel, c’est la matrice ! La matrice est cent fois plus importante que le pénis dans la transmission de la vie. Elle induit aussi chez les femmes un regard compassionnel que Bracha nomme Matricial space, beaucoup plus inclusif qu’exclusif, fluide, ouvert à toutes les identités.
Cela m’a ramené à mes polémiques avec mes amis girardiens pour qui la paix ne pouvait être que le retournement de la violence initiale. Je leur rétorquais que le premier acte n’était pas la rivalité des frères mais le don de la vie et que le premier espace n’était pas l'arène mais l’espace sécurisé du sein et de la maison.
Cet accent mis sur la matrice avec toutes ses conséquences psychologiques, soin, affection, protection compassion, et, en retour, attachement et gratitude, tord aussi le bras à la théorie du genre qui ouvre la voie à la guerre des sexes en prétendant qu’il n’est de différence entre les sexes qu’anatomique.
Non, le regard compassionnel de la mère sur l’enfant invite au regard compassionnel de l’enfant sur sa mère, de l’homme sur sa mère, sur toutes les mères, sur toutes les femmes, mères ou pas.
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