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Mais si, le capitalisme est naturel !

  • il y a 14 heures
  • 2 min de lecture


Tout à l’heure à la radio, Guillaume Erner interrogeait Laurent Jeanpierre, professeur de sciences politiques à la Sorbonne, sur la fin du capitalisme. Beau sujet.

Malheureusement, le professeur a commencé à proférer une énormité. Il a dit que le capitalisme n’était pas naturel, qu’il avait une date de naissance et que par conséquent il était mortel ! Il a invoqué Fernand Braudel ; j’ajouterais volontiers La grande transformation de Karl Polanyi.

Bien sûr que le capitalisme n’a pas toujours existé, qu’il est apparu, mettons au XVIII° siècle. Mais ça ne prouve pas du tout qu’il n’est pas naturel.

Laurent Jeanpierre a beau avoir montré l’échec de tous les régimes communistes du monde, il a malheureusement conservé le logiciel marxiste fondamental qui dit qu’il n’existe pas de nature humaine, que donc tout est construit, donc reconstructible à zéro. Tout part en vrille à partir d’une erreur anthropologique aussi capitale.

Mais si, le capitalisme est naturel, hélas, trois fois hélas !!! C’est juste que l’homo sapiens avait tout fait pour en limiter les terribles effets. Par exemple, un chasseur cueilleur du paléolithique savait très bien qu’il n’avait pas le droit de déguster tout seul dans une clairière le gibier qu’il venait de tuer. Des tabous absolus l’en empêchaient et il rentrait au village partager sa prise selon des règles très précises. Voilà ce que le capitalisme a détruit ! Non pas en inventant la rivalité mais en la libérant, ce qui est tout différent. En ce sens nous sommes beaucoup plus sauvages et naturels avec nos cosmétiques, nos cravates, notre pub et notre commerce que le chasseur qui court pieds nus dans la savane, avec une simple ficelle autour des reins, mais habité par des règles d’échange sacrées.

Je ne dis pas que la rivalité et le seul comportement humain possible, puisqu’il nous arrive parfois d’échanger des bienfaits avec nos amis. Je veux dire que le propre de la condition humaine est d’avoir à choisir dès la plus tendre enfance entre l’échange de bons procédés et l’échange de mauvais procédés. C’est vrai dans les couples, entre parents et enfants et entre frères et sœurs. Le capitalisme n’y est pour rien. Il est au contraire le résultat de la libération des rivalités que la civilisation avait limitées.

Il faudrait faire un peu de psychologie et d’anthropologie avant de vouloir refaire le monde.


Photo : vu à la caisse de Monoprix l'autre jour.

 
 
 

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