Les Juifs et le patriarcat
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Hier soir, je suis allé au cinéma à Cucuron et j’ai vu Juste une illusion. C’est bien. C’est un film fait par des Juifs et qui raconte l’histoire d’une famille juive. Pendant les trois quarts du film, il n’y a que des engueulades, engueulades entre les parents, engueulades entre les deux fils, engueulades entre les fils et leurs parents. Alors, je m’attendais à une fin calamiteuse. Ça finit au contraire par un Embrassons-nous Folleville inattendu et touchant, et par un hymne au bonheur en famille. Les conflits n’étaient donc qu’un mode de communication passager et le naturel est revenu au galop
La salle était comble et j’ai dû me faufiler dans le noir pour m'asseoir. C’est vraiment pas dans l’esprit du temps travaillé par Metoo, LGBTQ et la critique du patriarcat. Seulement l’impensé du wokisme, son angle mort, c’est la famille, ce qui fait glisser l’Europe vers un nouveau stade de l’individualisme. Voici qu’on nous montre un film familialiste en diable et tout le monde trouve ça très bien. Comment expliquer cette contradiction ?
À mon avis c’est parce que c’est un film juif. Je sais, il y a aussi des Juifs qui… et des catholiques qui… et même des athées que… Je parle moi de sociologie, c’est-à-dire de tendances anciennes encore actives. Depuis Moïse, les Juifs ont conservé le sens de la famille et on respecte ce particularisme (aujourd’hui) alors qu’on ne se gêne pas pour démolir les préjugés patriarcaux des autres traditions, religieuses ou pas. Il faudrait réfléchir à cette contradiction.
Peut-être que les juifs sont un peu nombrilistes mais je suis obligé de constater qu’ils préservent obstinément ce que le monde moderne démolit pierre à pierre, non sans raisons, évidemment, la verticalité… et qu’ils s’en portent plutôt bien. Et nous ?
Photo : le pont romain sur l'Aigue brun dans la combe de Lourmarin.
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