Les jeunes et les vieux sont égaux !
- Admin
- il y a 3 heures
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Bruno : Enlève ton portable de la table s’il te plaît ?
Faustine : Tu as mangé de la bonne choucroute en Alsace ?
Bruno : Oui, très bonne, mais finalement, je crois que je préfère le couscous. Passe-moi l’harissa. Tu as déjà été à Strasbourg ?
Faustine : Oui, on y est allé avec l’école.
Bruno : Quelle belle ville, avec cette cathédrale, cette synagogue aux yeux bandés et la Petite France avec ses maisons à colombages... Et puis, tout est bien construit. C’est du costaud avec des grands lycées, de belles universités. On est sérieux à Strasbourg. Tout est bien carré.
Faustine : C’est normal que tu aimes ce qui est carré parce que tu es vieux !
Bruno : Moi, vieux ? Un peu, d’accord, mais c’est tout le contraire de ce que tu dis. Moi, les cadres, je les ai dans la tête. Pour le reste, il me suffit d’une paillasse, d’une table et d’un ordinateur. Ce matin Marcel Gauchet disait à la radio que, maintenant, on avait le confort mais qu’on avait perdu le sens. Alors, c’est plutôt les jeunes qui ont besoin de cadres...
Faustine : Tu m’as dit de ranger mon portable et tu sors le tien !
Bruno : Je viens de penser qu’il faut que j’envoie un message au ferronnier parce qu’on a changé les plans du panneau vitré. Faut pas qu’il fasse son devis tout de suite.
Faustine : La bonne excuse !
Bruno : De toute façon, la règle qui s’applique aux jeunes n’est pas valable pour les vieux. C’est une question de hiérarchie.
Faustine : On est tous égaux ! Donc la loi doit être la même pour tous !
Bruno : C’est exactement ce que dit Tocqueville dans un vieux livre du temps jadis. Il montrait que la modernité, c’est l’égalité des conditions. Les serviteurs pensent qu’ils sont les égaux de leurs maîtres. Maintenant, les femmes pensent qu’elles sont les égales des hommes et les enfants pensent qu’ils sont les égaux des adultes. Je crois que c'est pour ça que l’enseignement devient impossible...
Tu m’écoutes, Faustine ? Hé, où tu as filé ?
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