Les derniers jours de Vienne

Stefan Zweig a souligné le contraste prévalant entre Paris et les villes germaniques, Vienne et Berlin, à la veille de la Grande Guerre. De l’autre côté du Rhin, les femmes ne croisent pas les genoux de peur de découvrir leurs chevilles et les paysans jettent des pierres quand elles montent à vélo. À Berlin où prévalent la servitude volontaire et le sentiment des rangs, « l’ordre a toujours eu plus de prix que la liberté et le droit ». Paris, par contraste, est une ville mêlée, internationale, jouissant d’une grande liberté de mœurs et de ton, héritage de la Révolution.
Ces lignes m'ont inspiré ces remarques :
Souvent, le contraire d’une chose est aussi vrai que cette chose. Ainsi, les femmes qui ne décroisent pas les genoux dans les cafés viennois s’exhibent sans retenue dans les peintures d’Egon Schiele, de Gustav Klimt et d’Oskar Kokoschka. « Vienne est la ville la plus érotique du monde », proclame Lou Andreas-Salomé. Sigmund Freud y est obsédé par l’inceste et le parricide, inceste qu’il fait remonter de la progéniture vers les géniteurs, et parricide dont il est la victime symbolique de la part d’Alfred Adler et de Carl Gustav Jung qui entrèrent en dissidence sur la question de la sexualité. Les freudiens restèrent maîtres de la Société psychanalytique de Vienne comme les marxistes de la Deuxième Internationale du Travail.
Commentaires