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Le fil noir et le fil blanc

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 3 nov.
  • 1 min de lecture

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Mon dernier billet a suscité plusieurs réactions. Annick a été un peu choquée même si elle en a perçu le paradoxe et le second degré.  Je reviens donc, à l’aide de Proust et de Camus, sur le différentiel entre la marche du monde et nos préoccupations quotidiennes .

 

En pleine guerre, Madame Verdurin a trouvé le moyen d'obtenir une ordonnance pour se faire livrer chaque matin les croissants indispensables à sa migraine chez le seul pâtissier capable d’en faire alors, ce qui ne l’empêchait pas de se désoler du naufrage du Lusitania en les trempant dans son café au lait. Sommes-nous tous des madame Verdurin ?

 

En second lieu, je me demande si le meilleur Camus, ce n’est pas le premier, celui qui était capable d’écrire dans Noces, en 1936-37 :

 

Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre. Entre l’endroit et l’envers du monde, je ne veux pas choisir, je n’aime pas qu’on choisisse.

 

À l’heure difficile où nous sommes, que puis-je désirer d’autre que de ne rien exclure et d’apprendre à tresser de fil noir et de fil blanc une même corde tendue à se rompre. Oui, il y a la beauté et il y a les humiliés. Je voudrais n’être jamais infidèle ni à l’une ni aux autres.

 

Deux dangers contraires menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction.


Photo : Le Luberon à Lourmarin.

 
 
 

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