La vertu de l'insistance et la vertu de l'effacement
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Je dois la première expression à Giono qui l’emploie avec ironie dans ses Récits de la ½ brigade au sujet d’un coup d’épée donné par un cavalier royaliste sur un adversaire blessé tombé à terre. Pas très chevaleresque, cette vertu de l'insistance, pour un noble chevalier…
Je dois la seconde à Philippe Berthier dans son excellent commentaire de La Chartreuse de Parme. C’est au sujet de la Sanseverina. Cette femme qui approche la quarantaine est le plus bel ornement de la cour de Parme, fameuse par sa beauté autant que par son esprit et sa conversation. Le Prince, Ernest-Ranuce III, est amoureux d’elle et n’a qu’une crainte, c’est qu’elle déserte la ville. Le problème, c’est qu’elle est folle de son neveu, Fabrice, qui n’a pas 20 ans, et qui, d’ailleurs, est épris de la jeune Clélia. Fabrice adore sa tante, comment ne pas adorer une telle femme ? Mais sans plus… Il ne manque qu’une vertu à la Sanseverina, la vertu de l’effacement…
Le dénouement ? Dans une scène bien troublante, le Prince se livre à un horrible chantage sur la personne de la Sanseverina : qu’elle lui accorde une nuit ou il fera mettre à mort son neveu ! La joute verbale n'en finit plus. À l’aube, telle la petite chèvre, la Sanseverina cède. Le jour suivant, sa calèche l’attend devant le palais du prince et elle disparaît à jamais de Parme.
Photo : Léon Davent, d'après le Primatice, Nymphe émasculant un satyre.
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