La taille de printemps
- il y a 1 jour
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Notre monde est de plus en plus industrieux, commerçant, obèse et pollué. Après mes étagères, mes placards et mes photos, j’ai trié mes papiers. J’en ai rempli un plein cady plus un plein panier. C’est pratique, je n’ai qu’à traverser la rue pour accéder au container destiné au recyclage des magazines et des emballages alimentaires. Tout des notes de lecture. De livres dont j’ai parfois oublié jusqu’au nom. Des milliers de pages recouvertes d’une écriture fine et serrée. Chaque page, c’est une semaine d’étude. Un petit serrement au moment de faire basculer la liasse dans la trappe mais quel allègement après. Bon débarras !
L’étape suivante pourrait être de prendre un studio de 20 m2 face à la mer pour jouir de la pureté à l’horizon. Une garçonnière me suffit. Et sur la mer, la météo est toujours belle.
Vous pensez que je suis déprimé ? C’est le contraire qui est vrai. Ce sont les bagages qui oppriment et dépriment. Quand je voyage, je prends juste un baluchon avec une brosse à dent et un caleçon.
Bien sûr, j’ai gardé et impitoyablement classé mes notes les plus précieuses comme les livres que j’aime, Homère, Montaigne, Pascal, Leroux, Nerval, Proust, Durrell, Giono, Cohen, Yourcenar et quelques autres.
J’ai aussi infligé une taille sévère à mes oliviers et à mes citronniers un peu gelés. Les vieilles souches noueuses rejailliront de plus belle. Et nos sensations seront plus vives.
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