L’émeute, une fusée à 4 étages

1er étage : de gentils collégiens manifestent dans les villes pour obtenir les moyens de mieux étudier afin que la France remonte dans le classement PISA. Leur avenir en dépend comme celui de la nation.
2ème étage : à 6 mois de l’élection présidentielle, certains chauffent la rue dans un but de récupération. Quand la violence éclate, ils disent que c'est la police qui l'a provoquée. On entre dans la politique. Mais quelle politique ? On parle d’idiots utiles.
3ème étage : comme après certains matches de foot, le 14 juillet (pourquoi pas Halloween ?), des dizaines de milliers de casseurs apolitiques ou anti-politiques se défoulent et se déchaînent, attaquent et pillent. La place de la République est l’épicentre de l’émeute. La Marianne des frères Morice inaugurée dans un élan patriotique le 14 juillet 1883 contemple le spectacle, désolée et impuissante. Après la chute de Mac Mahon, la jeune république commençait à peine à s’affermir contre les royalistes et les bonapartistes et à enraciner définitivement la démocratie, la Constitution, les droits de l’Homme, la laïcité. Définitivement ? Les institutions républicaines qui semblaient aussi naturelles que l’air qu’on respire seraient-elles menacées à Paris comme elles le sont à Washington et Brasilia ?
4ème étage : en fond d’écran, l’inquiétude sourde de la jeunesse devant la mondialisation libérale, le réchauffement climatique, l’IA, les guerres…
Photo : vu hier à Ménerbe.
Commentaires