Jaurès ou de Gaulle, il faut choisir
- 17 juin
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Allez voir le film sur De Gaulle, c’est vraiment impressionnant. La scène que j’ai préférée : en 40, de Gaulle débarque à Dakar (je ne suis pas sûr). Sur le tarmac, il est attendu par le gouverneur rallié à la France libre, un général, lui aussi, mais qui a plus d’étoiles sur la manche. Qui doit saluer l’autre ? Le face à face dure 5 interminables secondes, les yeux dans les yeux. Le gouverneur finit par plier, claque les talons et salue l’incarnation de la France.
Pourtant, Jaurès est populaire chez nous parce qu’il était pacifiste en 14 et que, nouveau Christ, il a été assassiné pour ça. Son idée, en accord avec les socialistes allemands était de déclencher une grève générale qui paralyserait l’Armée.
L’idée est belle sur le papier, utopique et illusoire en réalité. Plus encore que les Français, les socialistes allemands évoluaient vers le patriotisme. Ça n’aurait jamais marché. Quelques rebelles se seraient juste fait fusiller. La suite l’a bien montré. Ce fut l’union sacrée des deux côtés. Le fils de Jaurès, Louis, y est allé et Jaurès lui-même y serait allé, c’est sûr.
Erreur politique donc. Ou alors, il aurait fallu être pacifiste intégral comme Tolstoï, comme Alain et Giono, comme Ghandi et Tagore, et se laisser passer sur le corps, fût-ce par Guillaume II, par Hitler ou par Poutine… Mais à moins de cela, que je peux comprendre, il fallait, il aurait fallu voter les crédits militaires et la Loi de 3 ans. Il n’y a pas de juste milieu.
Alors, si vous êtes gaulliste, vous n’êtes pas jauressiste. Vous êtes clemenceauïste.
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