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Il n'y a pas qu'un peuple élu

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 8 mars 2024
  • 2 min de lecture


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Je tombe sur un article de Télérama épinglant Sylvain Tesson, objet d’une polémique autour de l’irritante notion de civilisation. Pourquoi irritante ?

Il y a 15 ans, je ne l’ai pas oublié, c'était lors d'un dîner au cabanon, mon père s’est penché vers Rafy et lui a dit : Entre nous, l’idée de peuple élu, c’est bidon.

Péguy disait plus subtilement qu’il n’y a pas un seul peuple élu comme le croyaient les juifs, les Grecs ou les chrétiens, mais « Il y a des peuples élus ». Et il ajoutait : « De Jérusalem à Paris, Athènes, Rome, Florence jalonnent cette voie. La France de 1789 est le dernier de ces peuples élus. »

On dira que s’il y a plusieurs peuples élus, alors il n’y a plus de peuple élu du tout. Tout le monde ne peut pas être le premier. L’ironie subtile de Péguy consiste à se moquer de la prétention nationaliste, cette peste, sans pour autant tout niveler puisqu’il dit son admiration pour certaines civilisations, le mot est lâché. Il insiste : « Notre patrie est aujourd’hui menacée par des peuples brutaux et disciplinés courbés sous les machines et les règlements, une multitude morne et basse massivement opposée aux aspirations humaines de l’Europe. » C’était en 1914. Ces paroles font encore sens après 1939 et aujourd’hui où l’Europe est à nouveau menacée par des peuples brutaux.

Je vais appliquer à cette question ce qui constitue le fil rouge de ce blog : la loi d’ambivalence.

Bien sûr que la notion de civilisation est détestable si on l’exalte : impérialisme, colonialisme, guerres civiles épouvantables.

Mais bien sûr aussi qu’il existe des différences entre les peuples et que tout n’est pas à jeter à la poubelle dans ces différences. Un inventaire s’impose. Un peuple sans identité ne serait plus qu'une multitude de consommateurs anonymes.

Est-ce trop demander que de réclamer qu'on pense deux choses à la fois, qu'on n'oublie pas qu'un bâton a deux bouts... ? J'espère être lu de cette façon.


Photo : fresque de Sandro Botticelli, éminent représentant de la Renaissance florentine. Ceci en est une partie. Le visage de droite est celui dont s'est épris le héros du roman de Muriel Cerf que j'ai cité le 23 février)  

 
 
 

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