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Sur la cancel culture

il y a 18 minutes
2 min de lecture




Dimanche, à Lourmarin, il y avait une conférence sur La Mesure selon Camus, donnée par la philosophe Cynthia Fleury. J’y suis allé, à la recherche d’affinités entre Jaurès et Camus. Mal m’en a pris. La dame a un joli nom mais elle n’a cessé de minauder et de bavarder. C’est souvent le prix du vedettariat. Je suis reparti les mains aussi vides que j’étais venu.

J’ai remâché mon ressentiment jusqu’au moment où, me souvenant de la parabole du figuier stérile (Luc 13, 6-9 et Marc, 11-14), j’ai tronçonné et débité un figuier qui m’insupportait depuis 50 ans. Puis j’ai grimpé sur un escarasson et récolté un panier d’olives, des lucques, dodues et en forme de croissant, particulièrement indiquées pour être cassées et aromatisées au fenouil.

En trayant les branches, j’ai mis sur mes oreilles un podcast où Laure Murat parlait de la cancel culture débarquée des campus américain. Ian Fleming et James Bond sont sexistes, Agathe Christie est raciste, Paul Gauguin est pédophile, Balzac a fait son Gobseck juif et Picasso a violé, a-t-elle rappelé. On pourrait continuer la liste à l’infini. Que faire ? Caviarder les mots tabous et les scènes gênantes ? N’est-ce pas ce que faisait Staline qui effaçait Trotski et bien d’autres des photos officielles ?   Milan Kundera en a fait un roman. Ça ne sert à rien car c’est l’intention qui compte et qui transpire de toute une œuvre. Hergé s’est excusé d’avoir été paternaliste dans Tintin au Congo en disant que tout le monde était raciste à cette époque, ce qui est assez vrai malgré Simenon et Gide. Loin d’abolir le passé, a justement défendu Laure Murat, il convient de le mettre en perspective. Trop facile, d’effacer le passé. Ou plutôt trop difficile. Ne jamais censurer mais critiquer et discuter. Avec mesure, bien sûr.

 
 
 

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