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Colombia in Vaugines

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 16 juil.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 juil.


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Nous avons reçu notre famille colombienne. La diaspora Garcia Guzman a convergé à Vaugines depuis Bogota, Cali, Huston, Vancouver, Berlin, Barcelone, Milan pour une folle semaine d’embrassades, de toasts, de ripailles, de chants, de guitare, de salsas, de déclarations, de rires et de larmes.

Bien de quoi de raviver une méditation sociologique qui me tient à cœur depuis longtemps. Dans la vieille Europe, comme disait Ronald Rumsfeld, nous avons perdu cette chaleur depuis plusieurs siècles à cause de Luther, de Voltaire, de Mai 68 et de MeToo. L’acide de la déconstruction est venu à bout de tous les préjugés féodaux, catholiques et patriarcaux de sinistre mémoire. Le problème est que nous nous retrouvons… à poil., ou plutôt avec un masque de plâtre sur le visage.

Une chose m’a spécialement frappé, c’est l’emploi de l’adjectif linda : tout est beau, magnifique, extraordinaire et sensationnel ! Un intello français verra en cela emphase, naïveté, aliénation. Demandez à n’importe quel enseignant français ce qu’il s’efforce de transmette à ses élèves. Il vous répondra infailliblement l’esprit critique. Jamais l’admiration.

Je me dis qu’un peu d’exagération dans les appréciations vaut mieux que la réticence qui ouvre la porte aux interprétation faussées, aux soupçons et aux rivalités qui n’ont d’autre cause qu’un défaut d’estime, réel ou imaginaire. Tout est contagieux entre les petits être sensibles que nous sommes, l’encouragement comme le mépris.

Si Pierre Bourdieu avait pratiqué un peu de sociologie comparative, il aurait aperçu que derrière l’esprit critique qu’il distille livre après livre avec d’excellents raisons, il y a l’individualisme, la froideur, la méfiance et, finalement, la rivalité. Inconscients de ce qu’ils ont perdu, les Occidentaux ont toujours un petit sentiment de supériorité quand ils voyagent parmi des peuples crédules. Ce n’est d’ailleurs pas une question de latino ou pas latino. Une fois, j’ai été interrogé à la télévision libanaise, à Beyrouth. Quand on m’a demandé ce que j’avais vu pendant mon séjour, j’ai fait l’éloge de la gentillesse des gens dans le moindre contact de la rue. Je n’oublierai jamais le sourire du premier chauffeur de taxi qui m’a ouvert sa portière.

Notre famille colombienne nous a apporté un air nouveau qui est en réalité un air ancien sans s’embarrasser d’aucune idéologie, ce mot sec. Puisse-t-elle nous inspirer.


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