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Ce n'est pas la faute des religions

  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour



On accuse beaucoup les religions de faire le malheur de l’humanité : Gaza, les croisades, le djihad...

L’autre jour, j’ai pris une demi-pension à l’auberge des Seguins et, à la première heure, j’ai grimpé sur le fort du Buoux, cette aiguille rocheuse sur laquelle s’étaient réfugiés des "hérétiques" Vaudois il y a cinq siècles. Le baron d’Oppède se chargea de les déloger. Moi, la gardienne du fort m’avait mis sous la bonne garde de son chien qui m’a guidé et éloigné des abîmes. Combien de résistants Vaudois les soldats du baron ont dû précipiter du haut de ces falaises vertigineuses hantées par les seuls alpinistes et hommes préhistoriques !

La veille, j’avais entendu une émission très intéressante sur l’esclavage en Méditerranée. Il paraît qu’il y a une expo sur ce sujet en ce moment à l’Institut du monde arabe. Les Musulmans faisaient des razzias en Europe, jusqu’en Islande, pour se procurer des esclaves, et nous, on leur faisait pareil avec les Corsaires pour approvisionner les galères de Marseille en rameurs.

Les religions disent de ne pas tuer des hommes, sauf quand ce sont des infidèles et qu’il s’agit de défendre Dieu.

Donc, haro sur les religions ? Je n’en suis pas si sûr. Regardez Staline, Hitler, Trump. Ce n’est pas mieux.

Peut-être que les religions ne font que ramasser les préjugés locaux sur les riches ou sur les étrangers ou sur les femmes et les revêtir de leurs oripeaux. L’Islam opprime les femmes ? Mais non ! Le harem et la vendetta existaient des milliers d’années plus tôt dans toute la Méditerranée. Vous croyez que les Siciliens, les Espagnols et les Grecs plaisantaient avec la pureté des filles et des femmes mariées ? C’est au canif, oui, que ça se réglait !

En grimpant à grand effort sur les marches taillées dans la pierre du fort de Buoux, je me demandais quel diable avait poussé les hommes pendant des milliers d’années à fortifier ce nouveau Massada, à entailler le roc avec quels outils, à caler des blocs au-dessus de l’abîme, à monter les jolies voûtes d’une chapelle et à couronner le tout d’une tour de guet pour prévenir les ennemis.

Cela me paraît à la fois incompréhensible et très simple. Incompréhensible parce que les modernes que nous sommes ne peuvent plus comprendre comment tout cela s’arrangeait dans la tête de nos ancêtres, très simple parce que les passions humaines sont toujours les mêmes : volonté de puissance, angoisse et peur, désir de vengeance, ignorance et mépris de l’autre.

Les religions habillent tout cela jusqu’à justifier le plus souvent les classes dominantes, les persécutions contre les autres, le patriarcat, mais ce n’est pas leur faute. Ce sont les passions humaines qui mènent la danse.


Photo : gouache de Gustave Tavernier.

 
 
 

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