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Balzac psychanalyste

  • il y a 11 minutes
  • 1 min de lecture



À 30 ans, Balzac écrivit en une nuit une nouvelle qu’il appela La Grenadière du nom de la maison où il connut le bonheur avec Laure de Berny, la femme de sa vie. Ce texte un peu mystérieux est l’histoire mélancolique d’une femme qui, sentant sa mort prochaine, comble ses deux fils d’amour et de soins. Balzac explique :


Un sens merveilleux apprend aux enfants s’ils sont ou non l’objet de soins exclusifs, et si l’on s’occupe d’eux avec bonheur. Les aimez-vous bien ? Ces chères créatures, tout franchise et tout justice, sont alors admirablement reconnaissantes. Elles aiment avec passion, avec jalousie, ont les délicatesses les plus gracieuses, trouvent à dire les mots les plus tendres ; elles sont confiantes, elles croient en tout à vous. Aussi peut-être n’y a- t-il pas de mauvais enfants sans mauvaises mères ; car l’affection qu’ils ressentent est toujours en raison de celle qu’ils ont éprouvée, des premiers soins qu’ils ont reçus, des premiers mots qu’ils ont entendus, des premiers regards où ils ont cherché l’amour et la vie.


Dommage que Balzac n’ait jamais écrit le traité d’éducation qu’il projetait. Mais ces phrases en résument certainement la teneur. Pas besoin de castration, d'inceste et d'Œdipe. L'amour des parents suffit. Honoré savait de quoi il parlait car il avait horriblement souffert de n’avoir pas été aimé par sa mère. La Comédie humaine est sa revanche.


 
 
 

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