Adieu à la littérature ?
- Admin
- 19 avr.
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Dernière mise à jour : 20 avr.

Avril est la saison des fleurs mauves. Ce matin au pied du chêne qui a été foudroyé, je tombe comme chaque année sur un bouquet de pervenches. « … les pervenches chères à Rousseau… ! » s’écriait Nerval dans Sylvie. Parce que, dans ses Confessions Jean-Jacques avait rapporté un souvenir de mémoire involontaire deux siècles avant Proust. Les pervenches lui rappelaient le temps où il fut heureux aux côtés de maman ? Ah, Nerval ! Le Valois. Rousseau ! Les Charmettes.
Tu es fatiguant, Bruno, avec ta littérature ! Plusieurs personnes me l’ont dit, certaines se sont même fâchées. C’est élitiste ! C’est prétentieux ! Tu ne peux pas parler comme tout le monde ?
Moi qui croyais que la littérature, c’est ce que nous avions de meilleur en Europe et surtout en France, que c’était un privilège d’y avoir été initié, un devoir de la transmettre. Que ça relevait le niveau en élargissant l’horizon, en se confrontant aux plus grands esprits des siècles passés.
En fait, c’est plutôt le contraire qui se produit. Quand on a tout le temps la tête dans les livres, on finit par être sous-adapté. On ne sait pas déboucher une canalisation, utiliser comme il faut un smartphone et surtout gérer un conflit un peu délicat avec ses voisins. On a un petit côté décalé et vieillot. Manque d’adhérence au réel.
Dire que je vais chaque matin acheter mon pain au raisin rue Edouard Herriot, je devrais savoir que la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié, un esprit de finesse et de légèreté qui se passe des impedimenta des citations et des références.
C’est pour ça que je me suis fait faire un piercing à l’oreille et que la semaine prochaine, je me fais tatouer…
Il faudrait demander leur avis à Donald et Vladimir.
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