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L'art sénégalais de la conciliation

  • 21 mars 2018
  • 2 min de lecture

Je rapporterai trois paroles qui témoignent de l’humour sénégalais et d’un art tout macronien de chercher la conciliation au lieu d’aller au conflit. Le Sénégal est peut-être le seul pays d’Afrique à n’avoir pas connu de violences politiques ni religieuses depuis son indépendance en 1960. Cela est dû à l’art du disoo consistant à engager des discussions jusqu’à l’adoption d’une solution acceptable par tous.


Le première parole revient à Lamine Guèye, député à l’Assemblée nationale, à qui de Gaulle disait en 1858 sur un ton un peu ironique : « Voyons Lamine Guèye vous êtes aussi bon Français que moi ! » « De plus ancienne date en tout cas, répondit Lamine Guèye, car moi, je le suis depuis Louis XIII (fondation de Saint-Louis), tandis que vous, mon général, qui êtes né à Lille, vous ne l’êtes que depuis la paix de Flandre (1678). »


On connaît le mot de de Gaulle la même année 58 : « Si vous voulez l’indépendance, prenez-la. » Senghor le prit au mot et lui dit devant l’Assemblée fédérale du Mali : « En ce moment, nous réclamons l’indépendance, mais, nous vous le demandons, restez chez nous car il se fait tard. » Ému par cette parole biblique, dit Christian Saglio (Sénégal, Grandvaux, 2013), le général confirma son accord à l’indépendance de la fédération du Mali regroupant le Soudan et le Sénégal.


La troisième anecdote se situe après le discours de Nicolas Sarkozy évoqué dans mon billet d’avant-hier, en pleine Université Cheich Anta Diop, ce grand promoteur de la culture africaine, discours peu flatteur pour l’amour-propre sénégalais. Le chef de l’État Abdoulaye Wade estima qu’« il arrive qu’un président soit victime de son nègre », en visant Henri Guaino qui avait rédigé le discours.


Photos : retour de la pêche à Dakar et rue de Saint-Louis.

 
 
 

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